Une belle rencontre au salon du livre de Carhaix :
L’occasion est trop belle, pour, à mon tour, apporter ma petite contribution au sujet « des cœurs de breizh », ceci, après avoir rencontré Sylvain Le Bail dimanche
dernier à Carhaix, comme en témoigne
la photo jointe…
Ma volonté de rencontrer Sylvain Le Bail était
due, en premier lieu par le fait que ma grand-mère ( Mme Auréal) est citée dans le livre et bien sûr également parce
que, étant « du pays » où se déroule l’essentiel de l’action, l’ensemble Gouarec-Plélauff avec comme lien la Lande de Gouarec, « MA » Lande de Gouarec, là où j’ai grandi
auprès de ma grand-mère, justement…
Ce livre m’a appris la crise des fermes et l’exil pour beaucoup vers le Sud-Ouest, je connaissais celui vers Paris et la
région parisienne, l’ayant moi-même effectué avec le déracinement douloureux inévitable, je retiendrai d’autre part, le non accès délibéré, voulu par « les notables » à la connaissance,
au savoir pour l’ensemble des Bretons dit « les petites gens » et ce malgré les très bonnes dispositions pour l’instruction comme en témoigne « la mise à niveau » en une génération
de la population lorsque enfin, celle-ci pourra y accéder…
14-18, l’horrible saignée, des vies par milliers foudroyées pour quelques charognards abrutis d’orgueil et de
vanité criminelle, envoyant sans frémir toute une jeunesse arrachée à leur campagne servir de cible « bon
marché » fauchés par les mitrailleuses allemandes…où, aussi, atrocement blessés dans leurs chairs, une fin de vie prématurée et les souffrances qui vont avec…Cela ne suffisant certainement
pas, viendra donc la crise des fermes, l’exil, une autre forme de « guerre » pour leur survie, notre région n’étant pas à même d’assurer l’emploi de sa jeunesse même décimée après
l’horreur de 14-18…
J’ai lu ce livre qui m’avait été offert pour mon anniversaire, d’abord de manière un peu détachée, puis, assez rapidement,
happé par le récit, découvrant avec étonnement le fardeau écrasant qu’était la vie de nos ancêtres, bien souvent l’émotion m’a saisi tout au long de cette lecture au fur et à mesure que l’on
prend connaissance du labeur acharné qui était le leur pour seulement survivre…
Comme l'a si justement écrit Sylvain Le Bail
dans sa dédicace, « en souvenir de votre grand-mère », ce « cœurs de Breizh » est un hymne à la mémoire de nos ancêtres, un hymne aux sonorités de « bro goz ma
zadou », mentionné par l’auteur en fin de récit , qui vous font venir les larmes aux yeux…
J’ai 65 ans et je pense à tous ces jeunes croisés dimanche
aux abords de l’espace Glenmor à Carhaix, parlant joyeusement breton dans une grande proportion, ce qui m’a assez étonné, moi-même ne le parlant pour ainsi dire pas du tout, oui, je pense à ces jeunes qui seraient bien inspirés par
la lecture de ce livre pour savoir d’où ils viennent et, partant de là, veiller aussi à voir où ils vont…